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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 13:17

Comme j'ai pu le dire lors de ma dernière intervention, le vent à été l'ennemi juré de la précédente floraison. Dès le milieu du mois de Mai c'est un vent de nord puissant et asséchant (chez nous et comme dans toute la vallée du Rhône le vent du nord ou bise n'est guère annonciateur de pluie) qui se mit à souffler atteignant parfois les 100km/h en rafale.

Notre maison est tout sauf protégée de ce vent-ci, bien au contraire, le massif du Pilat au nord revêt le statue de barrière naturelle, il bloque les potentielles précipitations qui proviendraient du nord de Rhône-Alpes et de la Bourgogne mais il est aussi le point de départ des premiers soubresauts du Dieu Eole. L'hiver il n'est pas rare malgré nos tout juste 500 mètres d'altitude de ne pouvoir mettre le pied dehors tant la bise mêlée à une certaine humidité est franchement glaciale, ici c'est l'ubac, le soleil nous quitte dès les toutes premières minutes de l'après-midi, un contraste saississant avec les chaleurs parfois torrides de nos derniers étés.

 

Ce vent de nord, donc, a été très fort comme jamais je n'ai pu le constater depuis que je cultive des iris (1998) couchant une bonne moitié des variétés en fleur depuis la mi-Avril. Il m'a aussi permis de réussir, du moins je le pense, un très grand nombre de croisements, asséchant durablement du pollen et limitant la montée des températures pendant ces premiers longs jours de printemps. Ne dit-on pas "a toute chose malheur est bon" ?

 

La première partie a été ainsi balayée par ce vent et quelque jours de la fin du mois de Mai ont été un peu plus calme, mais c'était sans compter sur le basculement au sud et le début d'un retournement de situation (du moins aurait-on pu le penser). Le vent de sud (qui lui est synonyme de pluie) s'est alors mis à souffler relativement fort pour le coin mais sans atteindre à la maison les valeurs du vent de nord. La deuxième partie de floraison a été perturbée à son tour et le nombre d'iris touché a encore augmenté sensiblement. Une nouvelle fois ce vent-ci n'a pas apporté autant de pluviométrie qu'attendue, ce qui a été un bon point pour l'hybridation mais un mauvais en terme de sécheresse. La santé des iris a alors été exceptionnelle hormis le fait, vous le comprendrez, que les iris à terre c'est tout sauf d'une grande beauté.

 

La colère s'est alors emparée de moi mais loin de moi l'idée de tuteurer tous mes pieds. Tout au plus quelques belles variétés achetées ou ceux avec des hybridations. J'eu alors l'idée de noter sur mon callepin magique les variétés qui ont résistés et celles qui dès que le vent souffle un peu se couchent. Bien entendu selon les lieux de plantation et les abris potentiels les situations peuvent être differentes mais quand le vent souffle, il souffle, et même une haie ou un mur (parfois même au contraire) ne parvient pas à éradiquer cette envie donnée aux iris de faire la sieste.

 

Je ne vais pas ici vous indiquer variété par variété celles qui résistent et celles qui ne résistent pas mais plutôt essayer de comprendre de par leur branchement ou la taille de leur fleur le pourquoi du comment.

En réalité et au vu de mes constatations un iris pourra être plus ou moins sensible au vent selon la nature du sol dans lequel il aura poussé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'un iris qui aura poussé très vite et qui esthétiquement sera plus joli (effet recherché) sera aussi plus gorgé en haut et aura une tige plus fragile. Un peu comme la résistance au froid des arbustes et vivaces qui on le sait, sont plus costauds et plus parées à affronter le froid en zones sèches car moins chargées en eau (feuilles et tiges). Il en va de même pour nos chers iris.

Ceci est une première hypothèse sur la résistance au vent mais elle n'explique evidemment pas tout car même cultivées ensemble des variétés seront plus sensibles que d'autres.

 

La grosseur de la tige est un élément prepondérant, il s'avère que plus un iris à une tige épaisse plus il résiste, quelle qu'en soit la qualité de son branchement. Malheureusement un iris aux grosses tiges bien charnues n'est pas toujours très beau et lors des concours cela ne lui apporte pas de valeur ajoutée, au contraire. La tige devant être suffisamment forte pour tenir la fleur, mais jusqu'à quel point ?

Le branchement a aussi son importance puisqu'une plante dont la première fleur est relativement basse sans être cachée par le feuillage résistera un peu plus qu'une tige dont les premières fleurs sont en haut de la tige, mais il est vrai que même avec un bon branchement si la tige est certes suffisamment solide pour supporter les fleurs en temps normal, elle peut ne pas résister à des conditions extrêmes, c'est alors que le diamètre de la tige aura toute son importance.

Un dernier point serait à prendre en compte, un point qui pourrait passer presque inaperçu, il s'agit de la texture de la fleur; ainsi une fleur qui boit moins l'humidité ambiante ou qui serait moins épaisse (comme des variétés plus anciennes) aurait tendance à un peu plus résister étant moins lourde et délestant ainsi la tige d'une certaine obésité.

 

Mais tout ceci n'est que retranscription d'analyses effectuées sur une seule saison et avec mes moyens, à savoir mes yeux et ma connaissance personnelle des iris. De plus cette analyse a-t-elle un sens ? Qui aujourd'hui, se fit à la résistance au vent pour commander ces pépites ? Quel intérêt ?

Pour moi cela en a un et un vrai, dans une région comme la mienne soumise à des coups de boutoirs de la bise (certes moins importants que cette année) et n'aurait-on pas un intérêt commun à analyser également leur résistance à la pluie ? N'yretrouverions pas un peu près les mêmes variétés dans la catégorie "résistant" ?

 

Bref, encore du boulot devant nous, si on peut appeler ça du boulot !

 

En cadeau une photo d'un semis à moi :

 

enregistrement 2014 : 09/12/M 'Astrobubbles' X 'New Day Dawning'

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Published by ulysse07100 - dans pensées
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